Les cabinets de curiosités, définition

Les cabinets de curiosités désignent au XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d'objet rares ou étranges représentant les trois règnes: le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines.

Le dictionnaire de Trévoux (1771) donne en trois mots les composantes de la curiosité, "Curiosus, cupidus, studiosus" : l'attention, le désir, la passion du savoir.

Il est étonnant que, dès les origines, le mot désigne à la fois l'état du sujet et la nature de l'objet, et qu'il soit toujours resté attaché à l'activité artistique ou scientifique de l'amateur.

"Ce mot est reçu parmi les amateurs des arts, on dit familièrement comment va la curiosité ?" (Trévoux).

En Allemagne, le terme Wunderkemmer désigne une collection de curiosités de la nature et le terme Kunstkammer une collection artistique. En France, on dit un "cabinet", "cabinet de raretés", quand il s'agit d'objets insolites fournis par la nature ou d'objets précieux. Ce mot prendra au XVIIe siècle une valeur internationale.

Monde minéral :

Les pierres précieuses et non-précieuses sont recherchées non pas comme bijoux mais comme forme étrange et esthétiquement plaisante. On amasse de préférence celles se démarquant le plus fortement des autres, les plus rares du règne minéral. Elles sont perçues comme porteuses de vertus curatives. À cette fin elles sont broyées en poudre et ingurgitées ou encore portées en amulette. Les amateurs collectionnent particulièrement celles qui sont encore attachées leur rocher ou génitrice, marque de leur passage d'un état à un autre.

Parmi ces pierres on trouve les perles, considérées comme les plus communes. Elles sont très recherchées par les curieux, de préférence, celles encore attachées à l'huître. L'amiante et l'aimant sont convoités pour leurs caractéristiques prodigieuses. L'amiante comme l'or, parce qu'elle résiste au feu et l'aimant pour son pouvoir d'attirer le fer.

La pierre d'aigle :

La pierre d'aigle ou aétite figure dans tous les cabinets. Il s'agit d'une variété d'oxyde de fer hydraté. C'est une pierre creuse contenant à l'intérieur du sable ou une autre pierre plus petite et qui fait du bruit lorsqu'elle est secouée. Cette particularité amplifie l'intérêt des curieux qui perçoivent un indice supplémentaire du caractère organique des minéraux. On croit à l'époque qu'elle provient du nid des aigles et qu'elle constitue un élément indispensable à leur survie. Cette pierre aurait la faculté de réchauffer ou refroidir les œufs et ainsi de favoriser l'éclosion. On pense également qu'elle tient à distance les animaux venimeux. Portée en amulette chez l'homme, cette pierre aurait la faculté de faciliter la grossesse et éliminer les fausses-couches.

Les pierres figures :

Parmi les pierres non-précieuses recherchées il y a les pierres figurées, celles qui par leur forme excitent l'imagination et rappellent des récits légendaires. Les pierres de forme triangulaire en particulier suscitent fortement la curiosité. Encore une fois, on attribue à la plupart de ces pierres des propriétés curatives.

Le corail et l'ambre :

Le corail et l'ambre constituent deux produits minéraux particulièrement recherchés. Leur origine suscite de nombreux questionnements. On se demande s'ils sont de nature végétale ou minérale. L'hypothèse admise le plus souvent pour le corail est qu'il s'agit d'une plante pétrifiée. On peut donc le classer parmi les végétaux ou les minéraux. Ce consensus sur l'origine du corail correspond aux perceptions d'Ovide et de Pline qui considéraient le corail comme une plante souple qui durcit au contact de l'air.

L'ambre constitue une autre curiosité marine. Il faut toutefois faire une distinction entre l'ambre jaune et l'ambre gris. Le premier provient d'une résine de pin fossilisée, dure, transparente. Il est utilisé pour fabriquer des bijoux, en particulier des chapelets, et l'intérêt qu'on lui porte provient de ce qu'on retrouve parfois des inclusions de végétaux ou d'insectes. Il suscite également la curiosité par sa propriété d'attirer vers lui les particules légères lorsqu'on le frotte (Le mot électricité provient du grec electron signifiant ambre. L'origine du substantif électricité serait donc lié au phénomène d'électricité statique perçu chez l'ambre). Le second type d'ambre, le gris, provient des concrétions intestinales des cachalots, qui flottent à la surface de la mer une fois rejetées. On extrait un parfum très précieux de cette substance. De fait, l'ambre gris constitue selon certains auteurs du XVIIe siècle la substance la plus coûteuse.

Les fossiles et pierres pétrifiées :

On reconnaît difficilement les fossiles pour ce qu'ils sont vraiment: des restes d'organismes vivants. Une des raisons de cette incompréhension réside dans le fait que les organismes dont ils portent la trace constituent des espèces disparues ou inconnues. Ils demeurent inexpliqués tant et aussi longtemps que l'on ne perçoit pas la correspondance avec la stratigraphie, c'est-à-dire jusqu'au moment où l'on se rend compte que chaque couche terrestre ou strate révèle une faune et une flore appartenant à différentes époques.

Les pétrifications de bois et de fruits sont dans tous les cabinets. Les plus spectaculaires sont ceux provenant d'une partie du corps humain : pied pétrifié, crâne pétrifié, enfant pétrifié. Chez Peiresc on trouvait une grande quantité de pétrification : feuilles d'arbres, fruits, fleurs, poissons, hérissons, écrevisses, champignons, os humains.

Les bézoards :

Le bézoard constitue l'objet indispensable des cabinets princiers. Il s'agit d'un corps étranger (pierre) dans l'appareil digestif de certains animaux autour duquel se forment des couches concentriques. Lorsqu'il atteint ou dépasse la grosseur d'un œuf de poule il constitue un objet d'immense valeur. C'est la grande curiosité de ce siècle, d'autant plus que la découverte du Nouveau Monde en a fait connaître de nouvelles espèces. Au XVIIe siècle, on distingue le bézoard oriental, connut en Europe depuis le XIIe siècle comme un excellent remède contre les poisons, du bézoard occidental provenant d'Amérique.

Ce dernier est souvent de taille plus importante mais moins efficace sur le plan curatif. Pour l'usage médical le bézoard est broyé en poudre et ingurgité. Même réduit en poudre il vaut extrêmement cher. On explique les vertus médicales du bézoard par le fait que les animaux chez lesquels il se forme consomment de grandes quantités d'herbes vénéneuses et fabriquent ainsi le précieux antidote concentré dans le calcul. Dans les cabinets princiers ils sont parfois orné de monture d'or ou d'argent comme par exemple ceux de la collection de Rodolphe II à Prague.

Selon Larousse le bézoard dont le nom est d'origine portugaise (bezuard ; du perse pâdzerh, pierre à venin) est une concrétion pierreuse qui se forme dans l'estomac de certains animaux (antilope), parfois de l'homme et à laquelle on attribuait autrefois la propriété de chasser les venins et de neutraliser les poisons. Littré annonce : nom donné aux concrétions calculeuses qui se forment dans l'estomac, les intestins et les voies urinaires des quadrupèdes. Bézoard oriental, celui qui se trouve dans le quatrième estomac de la gazelle des Indes. Bézoard occidental, celui qui se trouve dans le quatrième estomac de la chèvre sauvage du Pérou, de l'isard ou du chamois. (Ces bézoard étaient regardés autrefois comme ayant de grandes vertus alexipharmaques). Bézoards humains, calculs urinaires de l'homme, bézoards factices ou pierre de Goa, composition destinée à être substituée aux vrais bézoards et fabriquée à Goa. Ambroise Paré a écrit " son bezahard ou contrepoison est le suc de mélisse. D'autant qu'en parlant des signes de chacun venin à part, nous avons nommé son antidote bezahard, il faut sçavoir ce que veut dire ce mot ; les antidotes et contrepoison ont esté appelés par les Arabes en leur langue bezahar, c'est-à-dire en leur baragouin, conservateur de la vie ; de là est venu que tous les antidotes et contrepoisons par excellence ont été appelés bezardica… une espèce de bouc appelé ne langue persique pazain (dont la pierre à proprement parler doit estre appelée pazarda du mot pazain, qui signifie bouc : mais nous d'un mot corrompu l'appelons bezar. "

Le cardinal de Richelieu avait une très mauvaise santé. Dans sa rage de guérir, il tâte au petit bonheur la chance de toutes les médications et même parfois de remèdes de charlatans. En 1611, il écrit que la fièvre le tourmente sans arrêts et que depuis des mois elle l'oblige à ne sortir qu'en litière . Pour conjurer cette crise par trop violente, il se hasarde à porter sur lui un sachet, paraît-il venu de Perse, qui renferme une poudre d'ossements humains. Plus conforme avec sa dignité d'évêque, le crucifix que lui a envoyé le général des Chartreux. Il est vrai que ce dernier y joint un bézoard, étrange mélange fait de sécrétions animales auquel on attribue de miraculeuses vertus curatives. Richelieu le remercie avec chaleur. " Je vous rends mille grâces de la Croix que vous m'avez envoyée ; je la conserverai chèrement et m'en servirai pour me mettre devant les yeux l'image de celui qui l'a portée. Je vous remercie également de votre bon bézoard qui m'est venu fort à propos pour me tirer d'une assez fâcheuse maladie. Vous avez voulu marier les remèdes spirituels et corporels afin de procurer la santé de mon âme et tâcher de rendre à mon corps celle dont il y a plus d'un an elle est destituée. " (1611)

Monde végétal :

On collectionne les plantes pour deux raisons. D'une part pour l'intérêt qu'on voue à la botanique, stimulé par la découverte du Nouveau Monde, et d'autre part pour leurs caractéristiques fabuleuses (qualités médicales et croyances qui leur sont associées). La botanique à l'époque est essentiellement descriptive et se limite à la collection de plantes.

L'élaboration d'un système de classification des plantes est pratiquement absent. On se contente dans les traités de les placer par ordre alphabétique. L'intérêt pour les plantes est en général partagé par tous les curieux. Au cabinet de curiosités est souvent associé un jardin. Les plantes sont plus faciles à conserver que les animaux : on peut tenter de reproduire dans son jardin les conditions climatiques propres à leur survie ou encore les faire sécher. La plupart des cabinets de curiosités au XVIIe siècle contient un herbier.

Une des particularités de ces collections de plantes est qu'elles constituent chez certains amateurs la première ambition encyclopédique ; c'est-à-dire posséder entièrement toutes les plantes. Cet objectif est d'autant plus réalisable qu'à l'époque le nombre de plantes connues par les plus érudits des botanistes oscillent entre 5000 et 10 000. Aujourd'hui les botanistes en connaissent environ 600 000. D'autres collectionneurs se limitent aux plantes exotiques, en particulier les plantes odoriférantes. Les fleurs constituent également un objet de collection. L'amateur tente en général de créer une variété rare ou inédite.

Parmi les plantes recherchées pour leurs propriétés extraordinaires on retrouve la mandragore. Elle est constituée de racines rappelant des formes humaines. On croit qu'elle provient du sperme et des liquides résiduels des pendus et autres condamnés à mort. C'est pour cela que l'on pense qu'elle combat l'infertilité des femmes.

La rose de Jéricho :

La rose de Jéricho est la seule plante que l'on retrouve dans pratiquement tous les cabinets de curiosités. On croit que cette plante s'ouvre pendant la nuit de Noël et lorsque les femmes accouchent. La présence de la rose de Jéricho favoriserait en effet les accouchements. On la nomme rose de Jéricho à tort puisqu'il ne s'agit pas d'une rose et qu'elle ne provient pas de Jéricho. Ce sont des moines qui l'ont baptisé ainsi en se basant sur les Écritures : " J'ai grandi comme ( ... ) des plants de laurier-rose à Jéricho ". (Siracide, 24,14). Toutefois il est vrai que la fleur s'ouvre lorsqu'on la met dans l'eau.

Monde animal :

Pour des raisons de conservation ce sont le plus souvent des fragments durs (os, becs, ongles) d'animaux qui sont amassés ; par exemple des squelettes de dauphin, des mâchoires de requin. En plus de son apparence étrange le tatou est un de ces animaux faciles à conserver à cause de sa peau dure. Écrevisses, homards, anguilles, hippocampes, crabes, langoustes sont dans beaucoup de cabinets. Ils se conservent relativement bien une fois séchés et ont la particularité d'appartenir à un groupe intermédiaire entre les végétaux et les animaux et cela aiguise encore une fois la curiosité.

Le rémora :

Le rémora, petit poisson dont la tête est pourvue d'un disque adhésif qui lui permet de s'attacher à de gros poissons, est l'animal marin le plus caractéristique des cabinets. On le recherche non pas pour son aspect mais bien pour ses propriétés fantastiques. Son nom signifie faire obstacle et à l'époque on croit que ce petit poisson a la capacité de stopper des navires en pleine course.

Les crocodiles :

Les crocodiles et les tortues constituent aussi des éléments indispensables du cabinet. Le caméléon constitue un autre de ces animaux étranges qu'on ne sait où classer : quadrupède mais considéré comme un monstre marin au même titre que les crocodiles. Ses caractéristiques hors du commun, animal changeant de couleur, ne fermant jamais les yeux et se nourrissant d'air, en font un élément de collection très convoité d'autant plus que Pline le mentionne dans son Histoire naturelle.

Les coquillages :

Au XVIIe siècle on regroupe sous le terme coquille ou coquillage les crustacées (crabes, crevettes, écrevisse, homard, etc.), les échinodermes (animaux marins à symétrie rayonnante: oursins, étoiles de mer, etc.) et les mollusques (embranchement du règne animal comprenant des métazoaires au corps mou [invertébrés] non divisé en segments, le plus souvent enfermé dans une coquille calcaire : huître, palourde, pétoncle, etc.) alors qu'aujourd'hui l'on associe le mot coquillage uniquement aux mollusques testacés.

La classification des coquillages s'effectue non pas selon l'animal mais en fonction de la forme des coquilles (univalves, bivalves, à plusieurs pièces ou multivalves). La beauté esthétique des formes constitue un des motifs de collection des coquillages. Ceux d'origine lointaine et rares suscitent un intérêt particulier. On les conserve souvent dans les tiroirs du cabinet. À la fin du XVIIe siècle ce sont les Hollandais qui, grâce à leur commerce maritime répandu jusqu'à l'Océan Indien, possèdent les plus fabuleuses collections.

Les oiseaux :

Les oiseaux, presque exclusivement les espèces exotiques, sont très recherchés. Perroquets, aras, autruches (en particulier leurs œufs), toucans (pour leur bec coloré énorme : certains le perçoivent comme un monstre volatile pour cette caractéristique), oiseaux de paradis (ou paradisier : passereaux de la Nouvelle-Guinée : typique dans les cabinets de curiosités), casoar (grand oiseau coureur dont la tête et le cou sont dépourvus de plumes et qui porte sur le front un appendice corné.

En 1547 on rapporta le premier casoar de Java à Amsterdam qui provoqua un tel engouement que l'on organisa des visites payantes pendant un mois) et l'alcyon (oiseau marin fabuleux dont la rencontre était un présage de calme et de paix. Oiseau qu'on voit peu mais dont le nid est admirable) constituent les espèces les plus recherchées.

Certains oiseaux ont été tellement pourchassés qu'ils sont aujourd'hui disparus. C'est le cas du dronte ou dodo (grand oiseau coureur incapable de voler de l'île Maurice) dont la race s'éteignit avant la fin du siècle. La plus grande part du commerce des oiseaux est effectuée par les Hollandais sauf dans le cas du paradisier qui est importé par les Portugais. Seuls les princes ont les moyens de les garder vivants. Rodolphe II possédait la plus grande volière, quoiqu'inaccessible. Les collectionneurs ordinaires devaient se contenter d'oiseaux morts qu'ils faisaient empaillér de façon précaire ou encore des parties solides (bec).

Les insectes :

Les insectes forment le parent pauvre de la zoologie au XVIIe siècle. On les connaît mal et le peu de publications sur le sujet ne peut aider les curieux à orienter leur collection. L'insecte le plus collectionné demeure, comme aujourd'hui, le papillon. Dans les gravures et les miniatures les insectes sont souvent représentés avec les plantes.

Les êtres légendaires :

Certaines créatures dont l'existence est attestée par les légendes dans les documents antiques sont parfois présentes dans les cabinets. C'est le cas du dragon que l'on fabrique avec des raies ou des lézards et dont l'existence est attestée par la littérature chrétienne (saint Georges et le dragon) et l'iconographie abondante.

L'hydre à sept têtes, connue des Grecs et adaptée par le christianisme comme symbolisant les sept péchés capitaux est fabriquée avec des éléments de lapin et de serpent.

D'autres animaux ou parties de ceux-ci figurent dans les cabinets parce qu'ils sont rattachés à des légendes vantant certaines de leurs vertus. C'est le cas du pied d'élan qui aurait la propriété, porté en amulette, de prévenir les crises d'épilepsie. On raconte que lorsqu'il est poursuivi longtemps l'élan s'effondre subitement et ne se relève qu'après avoir frotté sa patte arrière gauche contre son oreille.

La plupart des cornes d'animaux sont supposées être efficaces contre quelque maladie. Elles éveillent donc aussi l'intérêt des curieux. On trouve dans les cabinets des cornes de rhinocéros, de daims, de bézoard (la chèvre qui produit ce calcul est souvent désignée par le même mot).

La licorne est le plus spectaculaire exemple de corne animale possédant une vertu extraordinaire. La licorne est cet animal fabuleux qu'on représente avec un corps de cheval, une tête de cheval ou de cerf, et une corne unique au milieu du front. Râpée et consommée elle devient un puissant antidote contre les poisons, encore plus efficace que le bézoard. Sa valeur est donc presque inestimable. Son évaluation excessive correspond également à l'usage répandu dans les cours italiennes des empoisonnements. La défense du narval, parfois celles du morse, constitue le succédané idéal. La plus célèbre est celle de Saint-Denis. Compte tenu de leur prix exorbitant seuls les grands princes ou l'Église en possèdent. À la fin du XVIIe siècle cependant les voyages vers le Nord et les pêches abondantes de narval font s'écrouler dramatiquement les prix. Toutefois la croyance en ses vertus demeure.

Les "monstres" :

Et, finalement, parmi les curiosités animales on compte bien sûr celles en rapport à l'homme. On collectionne tout ce qui relève de l'anormal et du monstrueux à son sujet. À nouveau, on estime beaucoup l'anormal lorsqu'il est mentionné chez les Anciens ou lorsque des légendes le rapportent. Le cyclope, figure mythique des récits d'Homère, est sans doute le plus célèbre en France. L'amateur Borilly en possédait un dans son cabinet. La momie égyptienne constitue un autre élément fort bien représenté dans les cabinets. Les géants suscitent également la curiosité. La littérature antique et la Bible en parlent. De plus, de nombreuses découvertes d'ossements d'êtres gigantesques relancent à tout moment le débat sur leur existence passée.

On pourrait sommairement diviser en deux catégories les objets de fabrication humaine représentés dans les cabinets. D'un côté l'on a les objets exotiques (exotica) de provenance lointaine et de l'autre les objets à travers lesquels on perçoit le génie humain rivalisant avec les forces divines.

Dans la première section on peut classer tous les artefacts provenant des contrées lointaines et les objets rappelant le passé héroïque de la race humaine : les antiquités, les médailles, les pierres gravées, les objets ethnographiques tels que le canoë (il figure dans tous les cabinets), les armes (poignards de Turquie, arcs et flèches des Indiens, tomahaw) raquettes pour la neige, tapis chinois, manteau brésilien de plumes, pipe, ustensiles, etc.).

Les artefacts :

Les amateurs, ne disposant en général de peu d'informations sur la provenance exacte, la signification ou l'usage de ces objets exotiques, se limitent à les classer selon les matières dans lesquelles ils sont fabriqués. L'écriture étrangère et son support constituent aussi un phénomène singulier et les curieux tentent avec difficulté et sans beaucoup de succès de déchiffrer leur contenu. Du moins peuvent-ils facilement accumuler des échantillons. On trouve dans les cabinets toutes sortes d'écritures et de signes exotiques (chinoises, hiéroglyphes, romaines, indiennes, etc.) sur différents supports (papyrus, papier de soie, écorces d'arbre provenant du Canada, feuilles de palmier, etc.).

Dans la seconde catégorie figure les armes (elles forment toujours une section importante des cabinets surtout ceux des princes et grands seigneurs), les instruments de musique, les instruments d'optique (télescope, microscope, longues-vues, astrolabe), les instruments mécaniques et scientifiques (horloges, montres, pendules, cadenas à lettres, thermomètres, baromètres, automates divers), tous les objets miniatures (modèles réduits) et, finalement, les œuvres d'art.

 

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