Paul Dardé, sculpteur (1888-1963)

 

Monument aux morts de Lodève

Femmes au chevet du gisant

Portrait de Madame Paul Dardé

Paul Adolphe, Marie Dardé est né à Olmet-et-Villecun, dans le département de l'Hérault en juillet 1888. Il s'installe à Lodève à partir de 1924 et y meurt le 29 décembre 1963.

Le 15 avril 1919, Paul Dardé envoie depuis Paris le dessin du projet d'un monument aux morts, pour la ville de Lodève, monument devant couvrir une superficie de 3 m sur 2,50 m et d'un volume total de 10 m3. Le projet présente un soldat gisant, deux femmes debout à sa tête, une femme ployée à sa droite, deux enfants à ses pieds, des lauriers à sa gauche.

Le 15 juillet 1919, Dardé soumet un devis qui comprend outre le monument lui-même, la fourniture de quatre plaques de marbre destinées à recevoir l'inscription des 150 morts de la commune, d'un coût total de 30 000 F, dont un tiers pour les honoraires du sculpteur. Le 20 août, une convention est signée entre Joseph Ruilhac, maire de Lodève, et de Paul Dardé qui a pour objet la livraison du monument au mois d'août et son érection dans le parc de la ville.

Les plaques des morts devront être fixées sur la façade nord de la mairie. Le premier juillet 1922, l'artiste propose un projet d'entourage du groupe composant le monument avec des grilles en fer forgé.

Le 22 juillet 1924, Dardé présent au conseil municipal un projet de prolongement du monument avec balustrade et fontaine de part et d'autre de l'ensemble déjà mis en place (devis de 10 000 F). Une note du conseil municipal précise que " ce projet a pour but de compléter l'œuvre entreprise et de la rendre encore plus digne de nos soldats morts pour la France ; M. Dardé n'a pas hésité à faire des sacrifices considérables pour une œuvre qu'il exécute à titre de compatriote et dont il ne tirera aucun bénéfice pécuniaire ; il convient pour le conseil municipal de lui donner les moyens de réaliser sa conception complète d'autant mieux que la dépense envisagée peut être trouvée dans les ressources mêmes des chapitres hors budget. " (archives départementales de l'Hérault, commune de Lodève, liasse sur les monuments : 2.0.142).

Le 2 mai 1930 un contrat est signé entre la ville de Lodève et Dardé pour nettoyer le monument des lichens et des mousses qui l'envahissent, pour le patiner et l'enrichir de huit masques à tailler dans les deux massifs qui portent les plaques de marbre et de deux mascarons à tailler sur les fontaines (coût des travaux : 10 000 F).

Le 8 juin 1930, le ministre du budget, Germain-Martin, député de Lodève, inaugure le monument.

Dardé a situé son monument dans l'espace rythmé par les édifices qui l'entourent : "Les quatre figures du fond sont la contrepartie des casernes et de la mairie, auxquelles elles sont parallèles. Elles sont une onde issue des corps de ces deux bâtiments ; Les deux enfants placés côte à côte en sont une réminiscence. Par contre, les branches de laurier que tiennent les enfants formeront une onde qui sera parallèle aux allées du parc. J'ai dû adopter les grandes lignes du cadre et les répéter dans l'œuvre afin qu'il y ait harmonie.

La question de la lumière est très importante, c'est elle qui fait jouer la perspective, qui la détruit ou l'accentue. Pour qu'elle ne soit pas détruite, il faut que les parties, qui la constituent, résistent elles-mêmes ; il faut qu'elle possède une forte ossature, une masse qui ne soit pas déchiquetée par la lumière. D'où la disposition de ces quatre figures, sur les quelles viendront battre les rayons du soleil et qui résisteront par leur tache dans l'ensemble. Cette raison s'associe d'ailleurs aux dispositions du cadre, puisque c'est la lumière qui nous rend sensibles les formes (…)

J'ai disposé la base du monument au niveau de la terrasse qui est directement devant la mairie, afin de pouvoir continuer cette terrasse autour du monument. Le corps du bâtiment de la mairie est arrêté, à droite et à gauche par deux pavillons qui froment deux masses. Le monument et la terrasse ainsi continuée forment un troisième point qui jouera dans la perspective et formera le contrepoint de ce bâtiment." (lettre de Paul Dardé, du mois de juillet 1922, adressée à E.F. Corbière, directeur du journal L'Indépendant.)

 

Dardé donna à la pierre trop blanche une patine bistre, grâce à des acides qui l'ont pénétrée jusqu'à deux centimètres, lui donnant une belle couleur rouille.

Il réalisa aussi des monuments aux morts à Soubès, Saint-Maurice-de-Navacelle, le Bousquet-d'Orb, Clermont-l'Hérault, Limoux, Saint-Maurice-sur-le-Larzac, et une stèle à la mémoire des officiers de médecine à Béziers.

Bibl. : Laure Gigou, Paul Dardé, le monument aux morts de Lodève, in Monuments de mémoire, monuments aux morts de la Grande Guerre, M.P.C.I.H., secrétariat d'État aux anciens combattants et victimes de guerre, p. 243

 

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